top of page

LE FONCTIONNAIRE ET LES CADEAUX

  • Photo du rédacteur: Legal-TAF Consulting
    Legal-TAF Consulting
  • 27 févr.
  • 2 min de lecture

Le fonctionnaire est-il libre de recevoir des cadeaux ?


Que dit la législation ?


L’Arrêté du 3 avril 2013 fixant les règles déontologiques applicables aux agents de la fonction publique

L’article 20 de l’Arrêté du 3 avril 2013 fixant les règles déontologiques applicables aux agents de la fonction publique apporte un élément de réponse à cette question en ces termes : « Le fonctionnaire ne peut accepter aucun cadeau, marque d’hospitalité ou autre avantage que ceux d’usage et d’une valeur modeste […]». Le fonctionnaire n’est donc pas libre de recevoir des cadeaux de toutes les valeurs voulues pas le donateur. Il doit se conformer à un cadre référentiel dont les éléments de définition sont l’usage et la modestie.


Comment le fonctionnaire doit-il réagir face à un cadeau qui n’est pas d’une valeur modeste ?


Le même susmentionné oblige au fonctionnaire de retourner au donateur ou à l’État « tout autre cadeau, marque d’hospitalité ou avantage reçu ». C’est une précision préventive de la corruption. En imposant le retour des cadeaux de valeur non modeste, l’autorité réglementaire entend renforcer l’obligation de probité et de désintéressement du fonctionnaire – imposée par les dispositions de l’article 181 du Décret du 17 mai 2005 portant révision du statut général de la fonction publique - car l’acceptation de cadeau d’une certaine valeur pourrait pousser, consciemment ou inconsciemment, le fonctionnaire à des actes de corruption en faveur du donateur.


Cependant, une question subsiste : que signifie concrètement « valeur modeste » ?


Ne pouvant être précis à propos de la valeur marchande qu’un présent ne peut atteindre pour être acceptable par un fonctionnaire, l’autorité réglementaire oblige de se référer à l’usage, d’une part, et, d’autre part, à la valeur économique de l’objet offert. L’aspect culturel du geste est cumulé à la valeur économique de l’objet. C’est une précision sur laquelle et l’administration et les juridictions n’ont peut-être pas eu encore l’occasion de se prononcer sur le sens et la portée. L’usage c’est ce qui se pratique dans une société, l’ensemble des normes sociales non écrites. Si les us et coutumes ont une certaine stabilité dans le temps court, la valeur économique des objets est plus relative.


Tenant compte de la subjectivité entourant la valeur de certains cadeaux, ne serait-t-il pas nécessaire de fixer un plafond indépassable en valeur prohibée ? Dans l’absence de décision interprétative, l’application de ce texte exigerait d’abord de considérer le salaire de l’agent ou même son patrimoine. Tout compte fait, un bien offert en cadeau, susceptible d’être porté au déclaration de patrimoine, n’est sûrement pas de valeur modeste.



Emmanuel RAPHAËL, av. Auteur

4 commentaires


Roberson CHERISTIN
07 mars

L’article mentionne que « l’aspect culturel du geste est cumulé à la valeur économique ». Or, le texte ne précise pas la hiérarchie entre ces critères. Un cadeau peut être conforme à l’usage (ex: protocole diplomatique) mais avoir une valeur marchande élevée. Le texte reste muet sur le conflit de normes dans ce cas précis.


La corrélation avec le patrimoine personnel est risquée. L'auteur suggère d'interpréter la valeur modeste au regard du salaire ou du patrimoine de l'agent. Cette approche est juridiquement contestable : la déontologie doit être universelle. Si l'on suit ce raisonnement, un même cadeau serait licite pour un cadre dirigeant et illicite pour un agent d'exécution, ce qui rompt l'égalité devant la loi.

J'aime
Steeff Carlens THÉRALUS
27 mars
En réponse à

Je pense que s'il est d'usage dans un milieu d'offrir un cadeau, le critère financier ne sera pas pris en compte.


L'interprétation liée au salaire n'est pas risquée. D'ailleurs, c'est applicable au niveau de la fiscalité. L'égalité devant la loi ne doit pas etre vu en fonction du montant du cadeau mais en fonction du meme taux applicable sur le salaire. Exemple, on pourrait fixer à moins de 5% pour cent du salaire mensuel du fonctionnaire le montant du cadeau que celui-ci pourrait recevoir.

J'aime

Senat Emmanuel
Senat Emmanuel
28 févr.

Parfait ! Merci pour le partage.

Ces dispositions, considèrent-elles également les cadeaux de valeurs non modestes issus des liens de parenté? Le donateur est-il clairement défini?

J'aime
Emmanuel RAPHAËL
27 mars
En réponse à

La loi ne saurait interdir de présents entre des parents. Toutefois, il a prévu des dispositions imposant des restrictions pesant sur les fonctionnaires dans leurs rapports avec les personnes avec qui ils partagent des liens de parenté.

Ces contraintes sont d'autant plus fortes lorsque les fonctionnaires ont de grandes responsabilités dans l'administration. Par exemple, l'article 91 de la Loi du 4 mai 2016 imposent des restrictions en matière d'occupation de poste dans une même administration. L'article 22 de la Loi du 10 juin 2009 fixant les règles générales relatives aux marchés publics et aux conventions de concession d'ouvrage de service public en fait autant en matière d'attribution de marché public.

En conclusion, pour certains cas, le fonctionnaire ne peut pas…

J'aime
Original Logo Legal TAF.jpg
19, rue Dahlia, Delmas 75, Delmas, Haïti
+509 37 31 3691
  • Facebook
  • X
  • Instagram
  • LinkedIn
  • TikTok
  • Youtube

 2025 Legal-TAF consulting. Tous droits réservés

bottom of page